Vendredi 30 mars : de 10h à 12h30 et de 14h à 19h
Samedi 31 mars : de 10h à 12h30 et de 14h à 20h (inauguration et remise du prix à 11h30)
Dimanche 1er avril : de 10h à 12h30 et de 14h à 17h

 
Edito

Devant l’Appolo.

J’étais descendu du train à Lens. Ça faisait combien de temps que je n’y étais pas venu. Des semaines comme s’il en pleuvait, quelques années ? Dans le coin, je me souvenais d’une tante alcoolique. A côté de la cage de son ouistiti, elle dévorait la Série noire en sifflant ses whiskies avant de balancer les bouteilles dans le jardin et de laisser pousser le gazon. Je dois mon goût du « polar » à un cimetière de verre. Goodis, Hammett, Thompson, Cheyney, John D. Mac Donald, c’est elle. Puis, il y eut tous les autres…  

Mes origines m’avaient rattrapé. Souriant, je revenais entre Saint-Léger et Bollaert pour parrainer un salon du livre policier. On a les églises qu’on peut. La mienne, c’était plutôt le journalisme.
En sortant de la gare, face à l’Appolo, je me disais que ce métier, grignoté par la vitesse, la technologie et « la toile » avait du souci à se faire. Chacun devient le patron et le « consommateur » de son journal. Trop, trop vite, trop nombreux. De quoi ne plus rien comprendre à notre roman noir !

Je relevais le col de mon imper.
A moins que… A moins qu’aujourd’hui ce soit le cinéma, le théâtre ou le livre qui ouvre à l’intelligence du monde… Après tout, Hollywood et Di Caprio sont presque crédibles chez les enfants soldats du Libéria et Olivier Py a dénoncé sur scène la barbarie serbe à Srebrenica.
J’avais mes fidélités. De mon sac dépassait Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Stieg Larsson, ancien journaliste d’investigation a fini par choisir la fiction pour dénoncer la gifle libérale ou la banalité de l’extrémisme. Héros solitaire et pourriture sociale en Suède. Le polar reste bien mon évasion ! 

C’était un samedi de Mars. J’appelais un taxi.

Philippe Lefait, parrain du Salon du livre policier de Lens 2007